IBM condamné à 11 millions d'euros de dommages-intérêts pour manoeuvres dolosives dans l'intégration d'un ERP.<br> <TEXTFORMAT LEADING="2"><P ALIGN="LEFT"><FONT FACE="verdana" SIZE="10" COLOR="#666666" LETTERSPACING="0" KERNING="0">Le Tribunal de Grande Instance de Niort dans son jugement du 14 décembre 2009 vient de frapper un grand coup contre les sociétés de services informatique. <B>En effet, IBM vient de se voir condamné à payer la somme de 11 millions d&apos;euros à titre de dommages-intérêts pour manoeuvres dolosives</B>.</FONT></P></TEXTFORMAT><TEXTFORMAT LEADING="2"><P ALIGN="LEFT"><FONT FACE="verdana" SIZE="10" COLOR="#666666" LETTERSPACING="0" KERNING="0"></FONT></P></TEXTFORMAT><TEXTFORMAT LEADING="2"><P ALIGN="LEFT"><FONT FACE="verdana" SIZE="10" COLOR="#666666" LETTERSPACING="0" KERNING="0">Etait en cause le sujet épineux des ERP (Entreprise Ressource Planning) ou PGI en français (Progiciel de Gestion Intégré) qui désigne usuellement un logiciel permettant de gérer l&apos;ensemble des processus d&apos;une entreprise en intégrant l&apos;ensemble des fonctions de cette dernière comme la gestion des relations clients (CRM), la gestion des relations sociétaires (GRS) ou encore la gestion comptable et financière. Sujet épineux car l&apos;intégration d&apos;un ERP au sein d&apos;une entreprise est très couteux et chronophage. En effet, une étude réalisée en 2001 avait révélé que 31% des projets étaient abandonnés, 34% des projets mis en place étaient un échec, un dépassement des plannings de 222%. <B>Mais surtout l&apos;étude révèle que 52% des projets dépassent le budget de 189%</B>.</FONT></P></TEXTFORMAT><TEXTFORMAT LEADING="2"><P ALIGN="LEFT"><FONT FACE="verdana" SIZE="10" COLOR="#666666" LETTERSPACING="0" KERNING="0"></FONT></P></TEXTFORMAT><TEXTFORMAT LEADING="2"><P ALIGN="LEFT"><FONT FACE="verdana" SIZE="10" COLOR="#666666" LETTERSPACING="0" KERNING="0">En l&apos;espèce, la société IBM avait conclu un contrat d&apos;intégration avec la MAIF pour un montant de 7,3 millions d&apos;euros en 2005. Par la suite, la société IBM avait réclamé 3,5 puis 15 millions d&apos;euros supplémentaires tout en accumulant les retards. La MAIF a alors assigné la société IBM aux fins de voir prononcer la nullité du contrat.</FONT></P></TEXTFORMAT><TEXTFORMAT LEADING="2"><P ALIGN="LEFT"><FONT FACE="verdana" SIZE="10" COLOR="#666666" LETTERSPACING="0" KERNING="0"></FONT></P></TEXTFORMAT><TEXTFORMAT LEADING="2"><P ALIGN="LEFT"><FONT FACE="verdana" SIZE="10" COLOR="#666666" LETTERSPACING="0" KERNING="0">Outre le montant, la motivation retenue par les juges est intéressante. Le TGI a, en effet, estimé que<I> « </I><B><I>en gardant le silence sur le risque &quot;fort&quot;, &quot;élevé&quot;, encouru quant à la satisfaction de conditions définies au contrat </I></B><I>comme déterminantes (forfait, planning), et généré de son fait par la violation des normes et des règles de l&apos;art, -risque qu&apos;en sa qualité de professionnel hautement qualifié il ne pouvait ignorer, et dont, au demeurant il n&apos;a jamais prétendu l&apos;avoir méconnu, se contentant de faire valoir que la Maif aurait par les protocoles ultérieurs renoncé au planning et au forfait- le professionnel hautement qualifié qu&apos;est IBM, et dont au surcroît la qualification était expressément intégrée dans le champ contractuel, </I><B><I>a obtenu de la Maif une adhésion viciée quant aux dits éléments contractuellement définis comme déterminants du consentement de celle-ci, et a ainsi caractérisé une réticence dolosive, qui affecte la validité du contrat</I></B><I> »</I> ajoutant que <I>« la conclusion du protocole du 30 septembre 2005 a perpétué ce dol »</I>.</FONT></P></TEXTFORMAT><TEXTFORMAT LEADING="2"><P ALIGN="LEFT"><FONT FACE="verdana" SIZE="10" COLOR="#666666" LETTERSPACING="0" KERNING="0"></FONT></P></TEXTFORMAT><TEXTFORMAT LEADING="2"><P ALIGN="LEFT"><FONT FACE="verdana" SIZE="10" COLOR="#666666" LETTERSPACING="0" KERNING="0">Par conséquent, le TGI de Niort estime que IBM a manqué à son obligation de conseil et n&apos;a pas agi suivant les règles de l&apos;art. En concluant à la réticence dolosive d&apos;IBM, les juges prononcent l&apos;annulation du contrat avec la restitution des sommes versées ainsi que le remboursement du préjudice d&apos;exploitation subi par la MAIF. L&apos;exécution provisoire a été ordonnée. S&apos;il est fort possible de penser qu&apos;IBM va interjeter appel de cette décision, ce jugement va certainement encourager des entreprises lassées par les retards de livraison de leur ERP d&apos;agir en justice.</FONT></P></TEXTFORMAT><br>