Sécurité des salariés : le champ de l'obligation de sécurité de résultat<br> <TEXTFORMAT LEADING="2"><P ALIGN="LEFT"><FONT FACE="verdana" SIZE="10" COLOR="#666666" LETTERSPACING="0" KERNING="0">Le 3 février 2010, les magistrats de la chambre sociale de la Cour de cassation ont eu à se prononcer à deux reprises sur l&apos;obligation de sécurité de résultat pesant sur l&apos;employeur, prévue à l&apos;article L 4121-1 du Code du travail <I>(Cass. Soc. 3 février 2010 n°08-40144, n°08-44019)</I>.</FONT></P></TEXTFORMAT><TEXTFORMAT LEADING="2"><P ALIGN="LEFT"><FONT FACE="verdana" SIZE="10" COLOR="#666666" LETTERSPACING="0" KERNING="0"> </FONT></P></TEXTFORMAT><TEXTFORMAT LEADING="2"><P ALIGN="LEFT"><FONT FACE="verdana" SIZE="10" COLOR="#666666" LETTERSPACING="0" KERNING="0">La position de la Cour de cassation est claire ; hormis les rares hypothèses où l&apos;employeur pourrait rapporter la preuve qu&apos;une situation de violence ou de harcèlement entre deux salariés est due à un cas de force majeure, le salarié victime d&apos;une atteinte à la sécurité qui décide de prendre acte de la rupture de son contrat de travail bénéficiera des indemnités équivalentes à celles dues en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse et ce, quelque soit les mesures prises par l&apos;employeur afin d&apos;éviter que cette atteinte à la sûreté du salarié ne puisse se produire ou se reproduire.</FONT></P></TEXTFORMAT><TEXTFORMAT LEADING="2"><P ALIGN="LEFT"><FONT FACE="verdana" SIZE="10" COLOR="#666666" LETTERSPACING="0" KERNING="0"></FONT></P></TEXTFORMAT><TEXTFORMAT LEADING="2"><P ALIGN="LEFT"><FONT FACE="verdana" SIZE="10" COLOR="#666666" LETTERSPACING="0" KERNING="0">L&apos;article L 4121-1 du code du travail impose en effet à l&apos;employeur d&apos;anticiper ces situations. Cela a pour principale conséquence que l&apos;atteinte à la sécurité - d&apos;une certaine gravité et hors cas de force majeure - ne peut être compensée par <I>« un comportement responsable »</I> ou par des mesures visant à y mettre fin <I>« adaptées à la situation »</I>.</FONT></P></TEXTFORMAT><TEXTFORMAT LEADING="2"><P ALIGN="LEFT"><FONT FACE="verdana" SIZE="10" COLOR="#666666" LETTERSPACING="0" KERNING="0"></FONT></P></TEXTFORMAT><TEXTFORMAT LEADING="2"><P ALIGN="LEFT"><FONT FACE="verdana" SIZE="10" COLOR="#666666" LETTERSPACING="0" KERNING="0">Cette position de la Cour de cassation impose à l&apos;employeur d&apos;être prévenant, vigilant et de faire usage de son pouvoir de direction afin d&apos;une part, d&apos;établir des rapports fraternels entre les salariés de son entreprise et d&apos;autre part, de répondre à toute atteinte ou risque d&apos;atteinte à la sécurité des salariés.</FONT></P></TEXTFORMAT><TEXTFORMAT LEADING="2"><P ALIGN="LEFT"><FONT FACE="verdana" SIZE="10" COLOR="#666666" LETTERSPACING="0" KERNING="0"></FONT></P></TEXTFORMAT><TEXTFORMAT LEADING="2"><P ALIGN="LEFT"><FONT FACE="verdana" SIZE="10" COLOR="#666666" LETTERSPACING="0" KERNING="0">En pratique, l&apos;employeur n&apos;a pas les moyens d&apos;éviter toutes les situations couvertes par le champ de l&apos;obligation de sécurité qui pèse sur lui -le risque zéro n&apos;existe pas- mais ce n&apos;est pas pour autant qu&apos;il ne peut ou ne doit <I>« rien faire »</I>. </FONT></P></TEXTFORMAT><TEXTFORMAT LEADING="2"><P ALIGN="LEFT"><FONT FACE="verdana" SIZE="10" COLOR="#666666" LETTERSPACING="0" KERNING="0"></FONT></P></TEXTFORMAT><TEXTFORMAT LEADING="2"><P ALIGN="LEFT"><FONT FACE="verdana" SIZE="10" COLOR="#666666" LETTERSPACING="0" KERNING="0">En effet, le salarié dispose d&apos;une simple faculté de prendre acte, et dans ce contexte, une politique de gestion du risque liée à la sécurité des salariés, préconiserait de prendre un certain nombre de mesures préventives - information, formation, aide... - et surtout de répondre rapidement et aussi efficacement que possible à des violences ou une situation de harcèlement, afin d&apos;éviter que le salarié victime ne se sente pas pris en charge et qu&apos;il ne prenne acte de la rupture de son contrat de travail.</FONT></P></TEXTFORMAT><TEXTFORMAT LEADING="2"><P ALIGN="LEFT"><FONT FACE="verdana" SIZE="10" COLOR="#666666" LETTERSPACING="0" KERNING="0"></FONT></P></TEXTFORMAT><TEXTFORMAT LEADING="2"><P ALIGN="LEFT"><FONT FACE="verdana" SIZE="10" COLOR="#666666" LETTERSPACING="0" KERNING="0">Au vue de l&apos;éventuel coût d&apos;une prise d&apos;acte qui risquerait de produire les effets d&apos;un licenciement sans cause réelle et sérieuse, l&apos;employeur a tout intérêt à consacrer le temps et les moyens nécessaires afin de prévenir et de gérer ces situations.</FONT></P></TEXTFORMAT><br>